AFRICAN REGIONAL ORGANISATION OF THE
INTERNATIONAL TRADE UNION CONFEDERATION Creating a better world for workers in Africa and beyond

À l’occasion de la Journée internationale des migrants, l’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique, www.ituc-africa.org), représentant plus de 18 millions de travailleurs à travers le continent, exprime sa solidarité avec les travailleurs migrants et leurs familles.

L’Afrique est à la fois un continent d’origine, de transit et de destination, la majorité des migrations s’effectuant à l’intérieur du continent. Les travailleurs migrent à la recherche d’un travail décent, de sécurité et d’opportunités, sous l’effet du chômage, des inégalités, des conflits, des pressions climatiques et de la fragilité des marchés du travail. La CSI-Afrique réaffirme que les migrants et les travailleurs migrants sont avant tout des êtres humains et des travailleurs, et qu’à ce titre ils ont droit à la dignité, aux droits et à une protection pleine et entière.

Malheureusement, de nombreux migrants, travailleurs migrants et membres de leurs familles continuent d’être confrontés à l’exploitation, à des pratiques de recrutement abusives, au vol de salaires, au travail forcé, à la traite et à la discrimination. Les femmes migrantes et les jeunes sont particulièrement vulnérables, exposés à des risques accrus de violence, de harcèlement et de recours à des parcours migratoires irréguliers et dangereux.

Des cadres mondiaux et continentaux existent déjà pour répondre à ces défis, notamment les conventions pertinentes de l’OIT, les Principes pour un recrutement équitable, le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, ainsi que les instruments de l’Union africaine et des Communautés économiques régionales (CER) en matière de migration et de travail.

Cependant, d’importantes lacunes persistent dans la mise en œuvre. La faiblesse de la réglementation des agences de recrutement, le manque de volonté politique, l’insuffisance de l’inspection du travail, des défis structurels profonds et un accès limité à la justice continuent d’alimenter l’exploitation et la migration irrégulière. Les approches sécuritaires et axées sur le contrôle des frontières, ainsi que l’externalisation des politiques migratoires, ont montré leurs limites, en poussant les migrants vers des routes de plus en plus dangereuses tout en enrichissant les trafiquants [et les réseaux criminels].

La CSI-Afrique appelle les gouvernements africains à renforcer la protection des travailleurs migrants en investissant dans le travail décent, la protection sociale, le recrutement équitable et une gouvernance efficace de la migration de main-d’œuvre. Elle exhorte en outre les États membres de l’Union africaine à ratifier et mettre en œuvre le Protocole de l’UA sur la libre circulation, adopté en 2018, en tant que pilier de l’intégration continentale dans le cadre de l’Agenda 2063, levier essentiel de la ZLECAf, et instrument clé pour garantir la dignité, les droits et la sécurité des migrants, des travailleurs migrants et des membres de leurs familles.

La CSI-Afrique exhorte en outre l’Union africaine et les Communautés économiques régionales (CER) à prendre des mesures plus décisives afin d’harmoniser les cadres de migration de main-d’œuvre, de renforcer les accords bilatéraux de travail fondés sur les droits et de veiller à ce que les ambitions en matière de libre circulation et de ZLECAf soient solidement ancrées dans les droits des travailleurs et le dialogue social. Cela doit se faire de manière sincère, collaborative et inclusive, avec la participation effective de toutes les parties prenantes clés, en particulier le mouvement syndical.

Les syndicats s’engagent à construire de solides alliances avec les acteurs non étatiques afin de dialoguer efficacement avec les gouvernements et les autres parties prenantes, dans l’objectif commun de garantir la sécurité, les droits et la dignité de tous les migrants.

Signé à Lomé, Togo.
Akhator Joel Odigie
Secrétaire général, CSI-Afrique
18 décembre 2025