AFRICAN REGIONAL ORGANISATION OF THE
INTERNATIONAL TRADE UNION CONFEDERATION Creating a better world for workers in Africa and beyond

L’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique) exprime sa pleine et indéfectible solidarité avec la Confédération syndicale des Amériques (TUCA), ainsi qu’avec l’ensemble du mouvement syndical, à la suite de la détention et de l’expulsion arbitraires de Marcelo Di Stefano, Secrétaire de la TUCA chargé du renforcement et de l’organisation syndicale, par les autorités panaméennes.

La CSI-Afrique condamne fermement cet acte, qui représente une atteinte sérieuse aux normes démocratiques, à l’État de droit et aux droits syndicaux universellement reconnus. Le fait de prendre pour cible un dirigeant syndical de haut niveau, présent au Panama pour participer à des activités liées à une mission tripartite de l’Organisation internationale du travail (OIT), ne saurait être qualifié de simple irrégularité administrative. Il s’agit d’un acte politique délibéré d’intimidation.

Les syndicats sont des garants essentiels de la démocratie et de l’État de droit. À travers l’histoire et sur tous les continents, les travailleurs organisés ont toujours été à l’avant-garde de la défense des libertés civiles, de la justice sociale, de la responsabilité publique et d’une gouvernance inclusive. Toute attaque contre des dirigeants syndicaux constitue donc une attaque contre la démocratie elle-même.

De tels agissements reflètent des méthodes de plus en plus employées par des régimes autoritaires pour étouffer le pouvoir du peuple, exercé par le peuple et au service du peuple. Le harcèlement, la détention arbitraire et l’expulsion sont des instruments utilisés pour réduire au silence la dissidence, affaiblir l’organisation collective et démanteler le dialogue social, en particulier là où les syndicats sont parmi les plus fermes défenseurs de la participation démocratique.

La CSI-Afrique rappelle que la liberté d’association et le droit d’organisation sont des droits humains fondamentaux, solidement consacrés par les cadres juridiques nationaux et par les normes internationales du travail, notamment les Conventions nos 87 et 98 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), ainsi que par les principes qui fondent le dialogue social tripartite. Le Panama a ratifié les principales conventions internationales du travail. Cela signifie que le pays est juridiquement obligé de respecter ces conventions.

La CSI-Afrique exige dès lors des explications immédiates et publiques de la part du gouvernement panaméen, appelle à la cessation de toutes les formes de harcèlement, d’intimidation et de restrictions à l’encontre de l’activité syndicale et réaffirme sa solidarité
indéfectible avec la Confédération syndicale des Amériques (TUCA) et le mouvement syndical démocratique du Panama.

Le mouvement syndical africain se tient aux côtés des travailleurs et travailleuses des Amériques : il ne peut y avoir de démocratie sans des syndicats libres, indépendants et forts.

Fait à Lomé, Togo, le 3 février 2026.
Akhator Joel Odigie
Secrétaire général
CSI-Afrique