À : Son Excellence Le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale République du Cameroun
Email : cabinetmintss@yahoo.fr
Excellence,
L’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique, www.ituc-africa.org), représentant 18 millions de travailleurs dans 52 pays africains dont le Cameroun, exprime sa profonde préoccupation face à l’arrestation et à la détention arbitraires de dirigeants et de membres syndicaux dans ce pays.
Les informations dont nous disposons indiquent que plusieurs dirigeants syndicaux ont été interpellés et détenus par les forces de sécurité alors qu’ils menaient des activités syndicales légitimes visant à défendre les droits des travailleurs et à améliorer leurs conditions de travail.
Ces arrestations, effectuées sans respecter la procédure judiciaire et en violation de la législation nationale du travail ainsi que des obligations internationales du Cameroun, constituent une grave atteinte aux droits humains fondamentaux et aux droits syndicaux. Le Cameroun est signataire des conventions 87 et 98 de l’OIT, qui garantissent la liberté syndicale, le droit à la négociation collective et la protection contre la discrimination antisyndicale.
Les actions menées contre les syndicalistes constituent une violation flagrante de ces engagements et compromettent le dialogue social, la paix sociale ainsi que la participation démocratique sur les lieux de travail. La CSI-Afrique réaffirme que le droit de s’organiser, d’exprimer ses revendications et de plaider en faveur de meilleures conditions de vie et de travail est inaliénable et doit être protégé en toutes circonstances.
Excellence, au regard de ce qui précède, la CSI-Afrique vous exhorte respectueusement à intervenir pour assurer la libération immédiate et inconditionnelle de tous les syndicalistes détenus, ainsi que pour mettre fin à toute forme d’intimidation, de harcèlement et de répression à l’encontre des organisations syndicales au Cameroun.
Excellence,
Cette situation constitue une atteinte grave aux droits des travailleurs et met en péril l’espace démocratique nécessaire à la promotion du travail décent et de la justice sociale. Nous vous demandons donc d’engager un véritable dialogue social avec les organisations syndicales afin de traiter les revendications des travailleurs de manière pacifique et constructive.
Nous demeurons convaincus que, dans l’exercice de vos hautes fonctions, vous prendrez rapidement les mesures nécessaires pour réaffirmer l’État de droit, garantir le plein respect des droits fondamentaux et protéger la dignité des représentants syndicaux au Cameroun.
Veuillez agréer, Excellence, l’expression de notre très haute considération.
Le Secrétaire général
Akhator Joel Odigie