Le 18 décembre 2025, la CSI-Afrique et CNV Internationaal ont organisé un webinaire régional pour évaluer les progrès en matière d’égalité des genres au sein des syndicats africains, marquant le premier anniversaire de la Déclaration des femmes de la CSI-Afrique adoptée à Cotonou en août 2024. L’événement a réuni des parties prenantes pour évaluer les réalisations, identifier les défis persistants et établir des priorités pour faire progresser le leadership et les droits des femmes dans le mouvement syndical.
L’inégalité des genres demeure un obstacle important à une gouvernance syndicale efficace à travers l’Afrique. Les femmes continuent d’être sous-représentées dans les postes de direction et les structures décisionnelles, malgré leur présence substantielle dans la population active. Ce déséquilibre sape la nature démocratique des syndicats et limite leur capacité à défendre des conditions de travail décentes pour tous les travailleurs.
La situation est particulièrement critique dans l’économie informelle, où les travailleuses sont confrontées à des niveaux disproportionnés de violence et de harcèlement fondés sur le genre.
La Déclaration de Cotonou
Adoptée en août 2024, la Déclaration de Cotonou représente un engagement historique des syndicats africains à s’attaquer aux inégalités structurelles entre les genres. La déclaration affirme la détermination du mouvement à transformer les structures de gouvernance interne, à renforcer les capacités de leadership des femmes et à combattre la violence basée sur le genre sur le lieu de travail et au sein des organisations syndicales.
Un an après son adoption, le webinaire régional a offert l’occasion de mesurer les progrès réalisés par rapport à ces engagements et d’identifier les domaines nécessitant une action accélérée.
Évaluation des progrès et des défis
Le webinaire s’est concentré sur l’examen des mesures concrètes prises par les organisations syndicales nationales et régionales pour intégrer l’égalité des genres dans leurs politiques, programmes et structures de gouvernance. Les Audits Participatifs Genre (APG) sont apparus comme des outils précieux, permettant aux syndicats d’identifier les lacunes dans la représentation des genres, de remettre en question les pratiques discriminatoires et d’élaborer des mesures correctives ciblées.
Cependant, des défis importants persistent. Les femmes continuent de faire face à des obstacles pour accéder aux postes de direction, la résistance institutionnelle au changement demeurant un obstacle courant. Parmi les autres préoccupations figurent la participation inégale aux processus de négociation collective et la mise en œuvre insuffisante de politiques sensibles au genre dans l’ensemble des structures syndicales. Ces réalités soulignent la nécessité de mécanismes de responsabilisation plus solides, d’un renforcement soutenu des capacités et d’un engagement politique renouvelé à tous les niveaux.
Lutter contre la violence basée sur le genre
L’un des principaux objectifs du webinaire était les stratégies syndicales pour lutter contre la violence et le harcèlement fondés sur le genre dans le monde du travail. Les discussions se sont concentrées sur la promotion et la mise en œuvre de la Convention n° 190 de l’OIT par le biais de campagnes de plaidoyer, d’initiatives de sensibilisation, de négociations collectives et d’engagement avec les gouvernements et les employeurs.
Les syndicats reconnaissent de plus en plus que la lutte contre la violence basée sur le genre est essentielle non seulement pour la protection des travailleurs, mais aussi pour permettre la pleine participation des femmes aux activités syndicales et au marché du travail dans son ensemble. Le webinaire a souligné l’importance des stratégies de prévention, des approches centrées sur les survivantes et du rôle des syndicats en tant qu’espaces sûrs et inclusifs pour tous les membres.
Aller de l’avant
Un an après la Déclaration de Cotonou, le message du rassemblement régional est clair : bien que des progrès aient été réalisés, le rythme du changement doit s’accélérer. Parvenir à la justice de genre au sein des syndicats africains nécessite un leadership soutenu, des structures de gouvernance inclusives et une action concrète à tous les niveaux organisationnels.
À travers cet échange régional, la CSI-Afrique et CNV Internationaal ont réaffirmé leur engagement à garantir que les voix, le leadership et les droits des femmes restent au cœur du développement et du renouvellement syndical en Afrique.
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Article publié par :
CSI-Afrique & CNV Internationaal
Décembre 2025