AFRICAN REGIONAL ORGANISATION OF THE
INTERNATIONAL TRADE UNION CONFEDERATION Creating a better world for workers in Africa and beyond

La Confédération syndicale internationale (CSI) et son organisation régionale africaine, la CSIAfrique (www.ituc-africa.org), saluent le rôle déterminant joué par le Gouvernement de la
République du Ghana à l’Assemblée générale des Nations Unies dans l’avancement de la
résolution reconnaissant l’esclavage transatlantique comme un crime majeur contre
l’humanité et appelant à une justice réparatrice.

La résolution affirme que l’héritage de l’esclavage transatlantique persiste à travers les
inégalités structurelles, les injustices raciales et le sous-développement qui affectent l’Afrique
et sa diaspora. Elle doit désormais être suivie de mesures concrètes, notamment des excuses
officielles, la restitution, des compensations et des garanties de non-répétition.

Cette avancée vient conforter la position constante de la CSI et de la CSI-Afrique, notamment
défendue à travers leur campagne sur la dette, selon laquelle les niveaux actuels
d’endettement de l’Afrique s’inscrivent dans le prolongement d’injustices historiques et de
déséquilibres structurels du système économique mondial. À cet effet, la CSI-Afrique appelle
les gouvernements et institutions africains à se mobiliser aux côtés du Ghana afin de
promouvoir un agenda continental commun en faveur des réparations. La CSI invite
également les gouvernements du monde entier à soutenir ce leadership africain et cet appel
à la justice dans un esprit de solidarité. Toutefois, la lutte ne saurait se limiter à une simple
reconnaissance.

Les structures qui ont soutenu l’esclavage — l’extractivisme, l’exploitation par le travail et le
contrôle extérieur des économies africaines — persistent aujourd’hui sous de nouvelles
formes. Les relations commerciales inéquitables, l’extraction des ressources et la
dépendance à la dette continuent de freiner le développement et de compromettre les droits
des travailleurs.

Pour les travailleurs africains, ces réalités se traduisent par la précarité de l’emploi, la faiblesse
de l’industrialisation, la faible valorisation locale des ressources, la persistance des inégalités
et la généralisation de la pauvreté énergétique. L’appel à la justice réparatrice est
indissociable de la lutte pour la transformation économique, la souveraineté énergétique et la justice sociale.

Par ailleurs, nous continuons de plaider en faveur de la correction de ces injustices historiques en appelant à l’instauration d’un nouvel ordre socio-économique plus juste envers l’Afrique, en particulier de la part des économies avancées qui ont directement ou indirectement participé et bénéficié des effets de l’esclavage. Nous demandons également la mise en oeuvre de mesures de réparation appropriées, notamment l’arrêt des flux financiers illicites (FFI) et l’allègement, voire l’annulation, de la dette.

Nous insistons sur le fait que cette résolution doit déboucher sur des actions concrètes. La liberté de l’Afrique passera par son émancipation économique, grâce au contrôle de ses ressources, à la transformation de ses économies, à la promotion du travail décent et de la justice sociale.

La CSI et la CSI-Afrique appellent la communauté internationale, en particulier les anciennes puissances coloniales, à engager un dialogue sur les réparations et à prendre des mesures concrètes en faveur de la justice.
La lutte continue. L’Afrique doit rester unie dans la poursuite de la justice, de la dignité et de la libération économique.

Signé par : Akhator Joel ODIGIE, Secrétaire général, CSI-Afrique, Lomé (Togo) et Luc Triangle, Secrétaire général, CSI, Bruxelles (Belgique) 27 mars 2026

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