AFRICAN REGIONAL ORGANISATION OF THE
INTERNATIONAL TRADE UNION CONFEDERATION Creating a better world for workers in Africa and beyond

L’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique, www.ituc-africa.org) exprime sa profonde douleur [et son indignation] face à l’effondrement catastrophique d’une mine à Rubaya, en République démocratique du Congo (RDC), survenu le 28 janvier 2026, et qui a coûté la vie à plus de 400 personnes.

Ce qui s’est produit à Rubaya ne peut être considéré comme un simple accident tragique. Il s’agit d’une perte de vies humaines qui aurait pu être évitée, résultant de pratiques d’exploitation et d’un profond mépris pour la dignité humaine.

La CSI-Afrique exprime sa pleine solidarité envers les familles endeuillées ainsi qu’envers les communautés minières de Rubaya qui continuent de vivre et de travailler dans des conditions risquées. Nous exprimons notre solidarité envers nos camarades syndicalistes de la République démocratique du Congo, qui prennent chaque jour d’immenses risques dans leur lutte pour défendre les droits et la sécurité des travailleurs. Nous soutenons également tous les travailleurs des industries extractives en Afrique, qui subissent des formes similaires d’exploitation.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté :
• des décennies de pratiques minières irresponsables et la négligence délibérée des normes de sécurité qui ont créé les conditions de cette catastrophe ;
• l’exploitation brutale des mineurs artisanaux, contraints de travailler dans des tunnels creusés à la main sans la moindre protection de base ni contrôle ;
• la logique de profit liée à l’extraction du coltan, alors que les travailleurs continuent de travailler dans des conditions extrêmement dangereuses, [au péril de leur vie]
• Des groupes armés continuent d’extorquer et de contrôler les opérations minières, tandis que des travailleurs meurent sous terre.
• Les chaînes d’approvisionnement internationales continuent de tirer profit de minerais extraits au prix de vies africaines.

Cette catastrophe met en lumière la réalité brutale de l’exploitation des ressources en Afrique : les richesses du continent sont extraites tandis que ses travailleurs meurent dans des conditions inimaginables ailleurs. Il est intolérable que l’économie mondiale continue de se développer sur les dépouilles des travailleurs africains.

Nous demandons donc :
• une enquête immédiate et indépendante sur l’effondrement de la mine, assortie d’une pleine reddition de comptes de tous les responsables ;
• une assistance d’urgence et une indemnisation complète et adéquate pour les familles des victimes ;
• l’application rigoureuse des normes de sécurité et des inspections régulières [et transparentes] sur tous les sites miniers ;
• la fin immédiate du contrôle des opérations minières par des groupes armés ;
• la reconnaissance et la protection pleines et entières du droit des mineurs à s’organiser et à négocier collectivement ;
• des salaires équitables et des conditions de travail décentes pour tous les mineurs ;
• des actions concrètes [et vérifiables] de la part des entreprises internationales de l’électronique et des technologies afin de garantir que leurs chaînes d’approvisionnement soient exemptes d’exploitation, de violence et de travail dangereux.

La vie des travailleurs n’est pas une variable d’ajustement. Chaque travailleur a le droit de rentrer chez lui vivant et en sécurité à la fin de sa journée de travail. Tout mineur a le droit de bénéficier de conditions de travail garantissant la protection de sa vie et de sa santé.
La CSI-Afrique appelle le gouvernement de la République démocratique du Congo, l’Union africaine, les organisations internationales et les acteurs des chaînes d’approvisionnement mondiales à prendre des mesures immédiates [et décisives] afin de prévenir de telles tragédies et de garantir que l’exploitation minière en Afrique respecte pleinement les droits et la vie des travailleurs.

Publié à Lomé, au Togo, le 6 février 2026.