L’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique) a pris dûment note de la séance d’information sur le Soudan tenue par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 19 février 2026. Les délibérations et les évaluations présentées devant le Conseil confirment de manière substantielle les constatations et conclusions issues de la mission de solidarité de haut niveau menée par la CSI-Afrique au Soudan en janvier 2026.
Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, le Secrétaire général adjoint chargé des affaires politiques et de la consolidation de la paix a déclaré que le Soudan a traversé « 1 000 jours d’un conflit d’une extrême brutalité ayant presque anéanti le troisième plus vaste pays d’Afrique », soulignant qu’« aucune région du territoire soudanais n’est à l’abri de la menace d’attaques ». La gravité de la situation a été soulignée par le constat alarmant selon lequel le Soudan connaît « la plus vaste — et la plus sévère — crise humanitaire au monde », avec plus de 12 millions de personnes déplacées et des millions d’autres ayant urgemment besoin d’une aide humanitaire vitale.
La représentante de la société civile, Hala Alkarib, a déclaré devant le Conseil que « toutes les lignes rouges — siège, déplacements forcés, famine provoquée par l’homme, génocide, viols de masse — ont été franchies ». Son témoignage sans équivoque vient corroborer et renforcer les constats établis par la CSI-Afrique lors de sa mission sur le terrain : le ciblage systématique des populations civiles, la destruction généralisée des moyens de subsistance et des infrastructures essentielles, les violences fondées sur le genre, ainsi que des actes pouvant s’apparenter à un génocide à l’encontre de communautés vulnérables.
La CSI-Afrique souligne avec fermeté que la simple dénonciation des violences ne suffit pas. Il revient désormais à la communauté internationale de transformer ses engagements en mesures concrètes et efficaces, en assurant notamment l’application effective du cessez-le-feu, la protection des civils, un accès humanitaire sûr et sans restriction, et un accompagnement du Soudan dans un processus durable de paix, de redressement et de reconstruction.
Nous saluons l’engagement déclaré du gouvernement soudanais en faveur du dialogue, de la réconciliation nationale et d’une transition politique crédible. Toutefois, une paix durable ne saurait être envisagée sans justice. Comme cela a été souligné lors de la séance d’information du Conseil, « la responsabilité doit s’appliquer à tous les auteurs, quelle que soit leur affiliation ». Les responsables de ces atrocités, ainsi que ceux qui ont financé, armé ou de toute autre manière alimenté le conflit, doivent répondre de leurs actes devant la justice internationale. L’impunité ne ferait qu’ancrer les cycles de violence et prolonger les souffrances du peuple soudanais. Nous réitérons donc que les Émirats arabes unis (EAU) doivent également être tenus pour responsables de leur rôle dans le financement et le soutien de ce qui est devenu le conflit le plus meurtrier d’Afrique.
Les travailleurs africains se tiennent, dans une solidarité indéfectible, aux côtés du peuple et des travailleurs soudanais. Les faits sont sans équivoque, les souffrances incontestables et la responsabilité collective pleinement engagée. Le moment est venu d’engager une action internationale résolue, fondée sur la justice, la reddition des comptes et un processus global de relèvement et de reconstruction.
Fait à Lomé (Togo), le 19 février 2026
Akhator Joel Odigie
Secrétaire général
CSI-Afrique