AFRICAN REGIONAL ORGANISATION OF THE
INTERNATIONAL TRADE UNION CONFEDERATION Creating a better world for workers in Africa and beyond

L’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique, www.ituc-africa.org ) se réjouit vivement de l’adoption du Cadre mondial pour la justice réparatrice lors de la conférence de haut niveau « Next Steps » qui s’est tenue à Accra, au Ghana. Ce cadre constitue une avancée majeure dans la longue lutte pour la justice, la dignité et la réparation des crimes de l’esclavage, du colonialisme, de l’apartheid, ainsi que de l’exploitation continue de l’Afrique et de ses peuples à travers le monde.

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L’adoption de ce cadre en 19 points intervient à un tournant historique, à la suite de la récente résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies qui reconnaît la traite transatlantique des esclaves et l’esclavage comme l’un des crimes les plus odieux jamais commis contre l’humanité. Cela traduit une reconnaissance croissante, à l’échelle mondiale, du fait que les injustices historiques ne peuvent être simplement reconnues ; elles doivent donner lieu à des mesures concrètes de réparation et à des transformations structurelles durables.

Pour les travailleurs et travailleuses africains, la justice réparatrice ne consiste pas uniquement à réparer les injustices du passé. Elle vise également à s’attaquer aux réalités actuelles des inégalités structurelles, du sous-développement, du poids insoutenable de la dette, des flux financiers illicites, de la dépendance économique et de la persistance des discriminations raciales, qui continuent de restreindre les opportunités et de compromettre la dignité ainsi que les moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses en Afrique et au sein de la diaspora africaine. Les richesses extorquées à travers l’esclavage et le colonialisme ont contribué à bâtir la prospérité de certaines nations, tandis qu’elles ont laissé en héritage à d’autres la pauvreté et l’exclusion.

La CSI-Afrique soutient les appels du cadre en faveur d’excuses officielles, de la restitution du patrimoine culturel, d’une indemnisation équitable, de l’allégement de la dette et de réformes institutionnelles profondes. Nous saluons en particulier les efforts visant à mettre en place des mécanismes internationaux capables de garantir une mise en œuvre effective, d’assurer le suivi des progrès accomplis et de renforcer la redevabilité.

Nous appelons les gouvernements, les institutions internationales, les employeurs et les partenaires sociaux à s’engager de manière constructive et de bonne foi dans ce processus essentiel. La justice réparatrice doit constituer une composante fondamentale d’un programme plus large visant à promouvoir la démocratie économique, la justice sociale, le travail décent et le développement durable.

Le temps est venu pour la communauté internationale de passer de la reconnaissance des injustices à des actions concrètes [et porteuses de changement].

Fait à Lomé (Togo), le 21 juin 2026.

Akhator Joel Odigie
Secrétaire général
CSI-Afrique