AFRICAN REGIONAL ORGANISATION OF THE
INTERNATIONAL TRADE UNION CONFEDERATION Creating a better world for workers in Africa and beyond

Du 4 au 7 août 2025, nous, représentants des syndicats africains et des fédérations syndicales internationales des secteurs des services publics, de l’énergie, des mines, des transports, de l’agriculture et de l’industrie, ainsi que des organisations progressistes et des mouvements sociaux, nous sommes réunis à Dar es Salam, en Tanzanie, pour participer à une conférence stratégique historique sur le thème : Nouvelle énergie pour l’Afrique : Accès universel, sans dette et sécurisé pour le climat.

Cette rencontre a été organisée par l’Organisation régionale africaine de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique), en collaboration avec d’autres réseaux de solidarité alliés, notamment l’initiative TUED (Syndicats pour la démocratie énergétique). À l’issue de notre réunion, nous avons engagé un dialogue structuré avec le Groupe africain de négociateurs (AGN) lors de sa session préparatoire à la COP30, marquant ainsi la première fois que le mouvement syndical africain s’impliquait de manière aussi directe avec l’AGN.
Il a été souligné que, bien que l’Afrique ne soit responsable que d’environ 4 % des émissions mondiales, elle subit de manière disproportionnée les effets des catastrophes climatiques, telles que l’augmentation des températures, les sécheresses, les inondations et l’insécurité alimentaire. Au vu des résultats décevants de la COP28, qui s’est limitée à des déclarations ambitieuses sans mesures concrètes, et de la COP29, qui a fourni un financement climatique insuffisant, nous appelons l’AGN et l’Union africaine à adopter une position audacieuse et sans compromis lors de la COP30 à Belém.

Notre vision :
Nous nous engageons à bâtir un avenir énergétique transformateur pour l’Afrique, fondé sur :
4. La propriété publique et le contrôle démocratique des infrastructures [et des ressources] énergétiques ;
5. La rupture avec le cycle sans fin de la dette et de l’exploitation ;
6. La coopération Sud-Sud pour construire des sociétés résilientes face au changement climatique.

Les participants s’engagent à renforcer des alliances stratégiques entre syndicats, société civile et acteurs politiques progressistes autour de ces trois objectifs clés :

1. Réclamer et restaurer les systèmes énergétiques publics.

Nous réaffirmons notre engagement envers les Objectifs de développement durable des Nations unies, en particulier : l’ODD 7, visant un accès universel à une énergie moderne et à des moyens de cuisson propres d’ici 2030 ; l’ODD 8, promouvant le travail décent et la croissance économique ; et l’ODD 13, centrée sur l’action climatique.
Nous demandons :
• Que les gouvernements africains rejettent les politiques favorables à la privatisation, telles que le programme Mission 300, qui ont démontré qu’elles perpétuent la pauvreté énergétique.
• Que les gouvernements mobilisent leur soutien à la campagne « Réclamer et Restaurer » en faveur des voies publiques comme alternatives pour étendre l’électrification.
• Que les lois néolibérales sur l’énergie soient abrogées immédiatement.

2. Mettre fin à la dette et à l’exploitation néocoloniale : pas de « transition juste » sans justice !
Nous rejetons le modèle économique extractif qui maintient l’Afrique au bas des chaînes de valeur mondiales.
Nous demandons :
• La souveraineté industrielle, en développant la fabrication à forte valeur ajoutée de technologies propres en Afrique ;
• L’investissement public : les gouvernements doivent exercer leur souveraineté fiscale pour acquérir des technologies et renforcer les services publics de qualité.

3. Renforcer l’unité africaine et la solidarité Sud-Sud pour les biens publics mondiaux
Nous faisons nôtre l’appel du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, à renforcer la gouvernance des biens communs et des biens publics mondiaux.
Nous demandons :
• Une refonte radicale du système financier multilatéral.
• Le rejet du capital privé, des mécanismes de réduction des risques et du financement mixte, qui accroissent les inégalités et affaiblissent la souveraineté des États.
• Le transfert de technologies sans conditions et un développement porté par les institutions publiques.

4. Solidarité avec la Palestine : non à l’utilisation des ressources essentielles comme armes !
Nous condamnons l’assaut génocidaire d’Israël sur Gaza, qui a causé la mort de Palestiniens par déshydratation, maladies et privation de soins médicaux, en raison de la destruction délibérée des infrastructures en eau et en énergie. Cette instrumentalisation calculée des ressources essentielles constitue un crime de guerre. Nous demandons un cessez-le-feu immédiat, la fin du blocus et que les responsables de ces atrocités soient jugés. La libération de la Palestine est indissociable de nos luttes pour la justice sociale et économique.

Appel à l’action

Nous invitons les syndicats, les communautés et les forces progressistes du monde entier à approuver cette déclaration et à se joindre à la lutte pour une Afrique libérée de la dette, sûre sur le plan climatique et dirigée par ses peuples.

Nos campagnes visent à mettre les richesses énergétiques et minières de l’Afrique au service du bien public, et non du profit privé. Ensemble, nous nous opposerons à la privatisation, dénoncerons la mainmise des multinationales et nous battrons pour l’Afrique que les peuples méritent.

Akhator Joel ODIGIE
Secrétaire Général, CSI-Afrique
Publiée à Dar Es Salam, le 7 août é025